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2015-2

jeudi 28 juillet 2016

Articles

269 Isaure Gratacos - Les hautes terres protohistoriques des Pyrénées aranaises. Beret – Baqueira – Baciver – Marimanha. Inventaire de 2014

349 Claude Arrieu - La Haute Barousse (Esbareich, Peyramilla, Sost)à la lumière de quelques travaux récents

389 Michel Bartoli - La très curieuse histoire de la sapinière des Quatre-Véziaux (Hautes-Pyrénées) à la fin du XVIIIe siècle

407 Jean-Marc Bouchon - Le Comminges, les grands pèlerinages et saint Jacques

449 René Souriac - Les États de Comminges, passé décentralisé du pays

Chroniques

477 Yoan Rumeau - Hommages. Simone de Lassus (1924-2015), Marie-Françoise Castex (1928-2015), Geneviève Lacombe (1939-2015), Raymond Galinié (1923-2015)

487 Marie-Louise Guillaumin - Témoignages de la Résistance : Raymond Cahisa et Louis Robin

490 Jean-Christophe Sanchez - Le musée-forum de l’Aurignacien

492 Richard Sabatier - L’aqueduc antique de Bagnères-de-Bigorre

Notes de lecture
Vie de la Société

Editorial : "Retour aux sources"

Avec ce numéro nous vous invitons à remonter une nouvelle fois vers les sources de la Garonne et le Val d’Aran. Grâce au concours financier du Conselh Generau d’Aran, nous sommes heureux de pouvoir offrir aux lecteurs le compte-rendu, remarquablement illustré, de l’inventaire des vestiges protohistoriques du Pla de Beret réalisé en 2014 par une équipe sous la houlette d’Isaure Gratacos. L’exceptionnelle concentration de structures lithiques et celle, très originale, de nombreux pétroglyphes, révélées dans l’espace de Beret, Baqueira, Baciver et Marimanha attestent de l’anthropisation de ces hautes terres aranaises depuis la protohistoire. Avec celle de 2009, cette publication est un premier jalon. En effet, elles appellent des recherches archéologiques qui permettraient d’en préciser les datations ou bien, comme pour d’autres sites comparables des Pyrénées catalanes et occidentales, d’attester des permanences probables dans l’usage pastoral de certaines structures dans un temps long propre à la montagne pyrénéenne et son occupation.

Claude Arrieu nous propose ensuite une synthèse sur l’occupation humaine de la Haute Barousse, et particulièrement du vallon de Sost et Esbareich qui lui est cher. S’appuyant sur des travaux récents et ses propres observations de terrain, combinant les apports de l’archéologie, de la palynologie et une relecture attentive des archives disponibles, l’auteur interroge les divers scénarios du développement et de la disparition des villages d’altitude de cette région. Qu’est-il advenu de la terre de Peyramilla qui semble avoir été l’un des premiers foyers du peuplement baroussais ?

Avec Michel Bartoli, l’historien des forêts, nous gagnons le Haut Adour et la sapinière des Quatre-Véziaux que possédaient en indivis les communautés auroises d’Ancizan, Cadéac, Grézian et Guchen. Une forêt qui, durant la deuxième moitié du XVIIIe siècle, fut étonnement rattachée au domaine royal. La qualité des sources disponibles lui a permis de dénouer l’énigme posée par la découverte d’un document d’aménagement inspiré des règlements des sapinières de Franche-Comté, inattendu pour cette forêt qu’Aurois et Bigourdans se disputèrent durant plusieurs siècles. À la croisée d’une histoire de l’administration et d’une histoire des paysages, l’étude de Michel Bartoli nous montre combien les paysages, y compris forestiers, de nos Pyrénées centrales sont œuvre humaine autant que naturelle.

Le texte de Jean-Marc Souchon nous conduit, quant à lui, sur les chemins de saint Jacques en Comminges. Sans être totalement inédit dans notre publication, le sujet n’avait jamais été étudié en tant que tel. Jean-Marc Souchon vient donc combler une lacune. Des récits, preuves de passage de pèlerins, représentations, sépultures, hospices et autres lieux d’accueil… il a fait un inventaire rigoureux qu’il met en relation avec les formes locales de dévotion à saint Jacques et ce qu’il désigne comme « les légendes compostellanes » du Comminges.

Enfin, René Souriac, profitant de la réforme territoriale en cours, revient sur la question de la décentralisation et de la régionalisation en France… et en Comminges. Faisant le constat que « de tous les pays qui se réclament de la démocratie et de ses principes, la France est la nation où la centralisation administrative est la plus forte, et où, par conséquent, les institutions décentralisées sont les moins développées », il nous rappelle l’existence des États provinciaux dans la France d’Ancien Régime et en particulier celle des États de Comminges, auxquels il consacra une grande part de ses recherches et sa thèse d’État. Par l’évocation de leurs origines, la description de leur fonctionnement et des conditions de leur disparition commencée sous la monarchie et rendue irréversible par la Révolution française, René Souriac souligne, en filigrane, la paradoxale modernité de ces institutions à propos desquelles il semble nous inviter à… un retour aux sources.

Yoan Rumeau

Cette deuxième livraison de 2015 vous parvient dans le courant du mois de décembre. Alors que nous en achevions la préparation, nous apprenions avec stupeur le nouveau déchaînement de violence qui a frappé Paris et sa jeunesse le vendredi 13 novembre 2015. Aussi, nous ne pouvons manquer d’exprimer notre solidarité à l’égard des familles marquées par le deuil.

Curieux d’histoire, nous n’ignorons pas que la violence fait partie de la vie de sociétés mais, pour notre présent et en tant qu’acteurs culturels, nous réaffirmons notre volonté de promouvoir un vivre ensemble respectueux des différences de chacun et s’appuyant sur le partage de valeurs communes, en un mot, nous en appelons à la tolérance.

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